Vérifier une information : 7 réflexes contre les fake news
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Désinformation et fake news

Désinformation et fake news : 7 réflexes pour vérifier une information avant de la partager

Une photo choc, un « communiqué officiel » ou un message vocal alarmant arrive sur WhatsApp. En quelques secondes, vous l’avez transféré à votre famille, à votre groupe de quartier ou à votre page Facebook. Sauf que l’information était fausse. Ce scénario, nous l’avons tous connu, parfois du mauvais côté. Pour vérifier une information avant de la partager, il suffit de quelques réflexes, qui prennent moins de deux minutes. Voici les sept que je recommande.

Désinformation, fake news : de quoi parle-t-on ?

Une « fake news » est une fausse information présentée comme vraie. Elle peut être créée volontairement pour manipuler, faire peur ou gagner de l’argent grâce aux clics. Elle peut aussi naître d’une simple erreur, puis circuler parce que des personnes de bonne foi la partagent. Dans les deux cas, le mécanisme est le même : elle se propage vite, surtout quand elle touche à l’émotion.

Au Burkina Faso, le sujet est pris au sérieux par les professionnels des médias. En juin 2024, selon Burkina24, une vingtaine de journalistes ont été formés à Ouagadougou au fact-checking par AFRICheck, en collaboration avec Fasocheck, pour mieux vérifier les informations qui circulent sur les réseaux sociaux. Mais les journalistes ne peuvent pas tout vérifier à notre place : chaque personne qui partage une information devient, à son échelle, un maillon de la chaîne.

Les 7 réflexes pour vérifier une information

1. Faites une pause avant de réagir

Les fausses informations jouent souvent sur l’indignation, la peur ou la colère. Si un contenu vous donne envie de réagir immédiatement, c’est justement le signal de ralentir. La police fédérale belge le rappelle dans ses conseils de cybersécurité : en cas de doute, évitez de réagir, de liker ou de partager sur le coup de l’émotion.

2. Identifiez la source

Demandez-vous qui publie : un média reconnu, une institution, ou un compte anonyme ? Moins l’origine est claire, plus la prudence s’impose. Un « communiqué » sans signature, une capture d’écran sans lien vers la page d’origine ou un message du type « transférez à tout le monde » sont des signaux d’alerte.

3. Lisez au-delà du titre

Un titre sensationnel peut contredire le contenu de l’article, ou même n’avoir aucun rapport avec lui. Ouvrez le texte, cherchez le nom de l’auteur et regardez s’il a une expertise sur le sujet. La rubrique « À propos » d’un site donne aussi des indications sur qui se cache derrière.

4. Vérifiez la date

Un ancien contenu republié peut donner l’impression d’un événement récent. Une photo d’une manifestation d’il y a cinq ans, une alerte sanitaire déjà démentie, un avis de recrutement expiré : tout cela refait régulièrement surface. Regardez toujours la date de publication avant de partager.

5. Recoupez avec d’autres sources fiables

Si une information est vraie et importante, plusieurs médias reconnus la relaient. Tapez les mots-clés dans un moteur de recherche et comparez. Vous pouvez aussi consulter les sites de vérification des faits, comme Africa Check, qui publie des vérifications sur des rumeurs circulant en Afrique francophone, y compris sur le Burkina Faso.

6. Examinez les images et les vidéos

Une image peut être authentique mais sortie de son contexte. La recherche inversée permet de retrouver son origine : Google Images et TinEye le font pour les photos, et l’extension InVID-WeVerify aide à analyser les vidéos. Ces outils sont cités dans une chronique de vérification publiée par Le Soleil (Sénégal) en septembre 2025. Gardez aussi en tête que les images, vidéos et voix générées par l’intelligence artificielle deviennent de plus en plus difficiles à repérer.

7. Ne vous fiez pas à la popularité

Beaucoup de likes, de commentaires ou de partages ne prouvent rien. Une fausse information peut être massivement relayée précisément parce qu’elle est choquante. De même, un message transféré par un proche ne devient pas fiable pour autant : la personne qui vous l’envoie l’a peut-être elle-même reçu sans le vérifier.

Une mini-checklist avant de cliquer sur « partager »

  • Je sais qui a publié cette information.
  • J’ai lu le contenu en entier, pas seulement le titre.
  • J’ai vérifié la date de publication.
  • Un autre média fiable confirme l’information.
  • J’ai testé l’image ou la vidéo avec la recherche inversée.

Si l’une de ces cases reste vide, mieux vaut attendre. Un partage retardé de dix minutes n’a jamais fait de mal à personne ; une rumeur relayée peut en faire beaucoup.

Pour les médias, les pages et les communicants

Si vous gérez une page, une radio ou une marque, votre responsabilité est plus grande : un seul faux partage peut abîmer votre crédibilité. Corrigez publiquement vos erreurs, citez vos sources et formez vos équipes à ces réflexes. Les arnaques et fausses alertes sont aussi un classique du piratage de comptes ; je l’ai abordé dans une nouvelle arnaque Facebook qui fait des victimes et dans 6 règles pour vous protéger contre la cybercriminalité.

L’intelligence artificielle change aussi la donne dans les rédactions : j’ai analysé son adoption dans mon étude IA et journalisme au Burkina Faso, avec un point de vigilance sur la vérification des contenus générés.

Conclusion

Lutter contre la désinformation ne demande ni diplôme ni logiciel compliqué : de la curiosité, un peu de patience et sept réflexes simples. Faire une pause, identifier la source, lire en entier, vérifier la date, recouper, examiner les images, se méfier de la popularité. Adoptez-les, partagez-les autour de vous, et vous aurez déjà coupé la route à beaucoup de fausses informations. Vous souhaitez former votre équipe ou votre rédaction à la vérification de l’information et à l’usage responsable des réseaux sociaux ? Contactez-moi.

Sources : Burkina24 (formation de journalistes au fact-checking), Le Soleil (septembre 2025), Police fédérale belge (avril 2026).

Partagez l’info autour de vous.

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